• Marie Chaput

Apprenez enfin à reconnaître votre faim

Mis à jour : 2 avr. 2019


Quand mangeons-nous ? Parfois, lorsque nous avons faim … L’acte de manger n’est pas toujours, alors qu’il le devrait, être lié au fait de percevoir la faim physiologique.


Nous mangeons aussi pour d’autres raisons :

- parce qu‘il est “l’heure”

- parce qu’une odeur nous y invite

- parce que la vue d’un aliment exerce une attraction irrésistible

- par mimétisme

- parce que quelqu’un nous y invite

- parce qu’une émotion se présente (tristesse, anxiété, fatigue etc.)



La seule vraie bonne raison de manger, c’est lorsque cette faim physiologique se présente. Dans le cas contraire, il ne s’agit pas de « faim » mais plutôt de « l’envie de manger ».

Lorsque ces envies se présentent, il y a d’autres réponses, bien plus adéquates, à pouvoir fournir. Une des premières étapes consiste à identifier quel type de faim nous anime.

Dans son ouvrage intitulé « Manger en pleine conscience », LeDr Jan Chozen Bays décrit les sept types de faim que nous pouvons ressentir :


La faim des yeux

C’est l’envie de manger qui naît suite à la vue d’aliments alléchants : Manger un aliment parce qu’il est beau ou bien présenté ; A la fin du repas, je n’ai plus faim mais à la vue des desserts, la faim des yeux triomphe ! Ou encore les publicités alléchantes que l’on peut voir à la télévision ou dans les magazines.



La faim olfactive

C’est l’odeur qui nous donne envie de manger comme celle des pains au chocolat lorsque nous rentrons dans une boulangerie par exemple.

L’odorat est un sens extrêmement développé, on reconnaît plus de 10000 odeurs alors que notre langue n’arrive à goûter que 5 saveurs : sucré, salé, amer, acide et umami. Lorsque l’on est enrhumé on perd d’ailleurs le gout et la subtilité des saveurs de la plupart des aliments.



La faim de la bouche

C’est la faim qui naît lorsque nous avons besoin de sensations agréables dans la bouche.

« Plus c’est bon, plus j’ai envie d’en manger ».

Pour que l’acte de manger qui nous procure du plaisir, il est important de pouvoir se concentrer sur ses sensations et être pleinement conscient lors de son repas (manger sans télévision, sans ordinateur etc.)



La faim de l’estomac

C’est la faim qui naît lorsque l’estomac est vide (gargouillement, bruit, sensation de vide). C’est à ce stade qu’il est bien de penser à manger. Ce n’est pas un besoin impératif en tout cas moins que la faim physiologique, il ne faut toutefois pas l’ignorer trop longtemps, car l’ignorer serait se déconnecter de son propre corps et de ses sensations corporelles



La faim mentale ou la faim de l’esprit

C’est l’envie de manger qui naît suite à la constatation que nous devrions manger ceci ou cela parce que c’est bon pour la santé, ou parce que c’est l’heure, etc.

Des phrases telles que : « Je devrais manger plus de protéines. », « je dois finir mon assiette » alors que je n’ai pas faim, «Le poisson c’est bon pour la santé, je vais me resservir. », « les œufs sont bons pour la santé, ils contiennent des protéines » ou alors « les œufs sont mauvais pour la santé ils contiennent du cholestérol » sont des exemples de faim mentale ou rationnelle.


La faim mentale nous éloigne ne nos propres ressentis et nous fait parfois manger au-delà de notre faim. Une alimentation qui se fonde sur les pensées de l’esprit est une alimentation fondée sur l’inquiétude

Exemple : la peur de manquer : « ressers-toi même si tu n’as plus faim car tu ne sais pas quand tu vas remanger »



La faim émotionnelle ou la faim du cœur

C’est l’envie de mangerqui naît suite à des émotions positives ou négatives comme la joie, la tristesse, la colère, etc.


Bien des gens sont conscients de manger pour combler un vide mais celui-ci ne se trouve pas comme attendu dans l’estomac mais bien dans le cœur.

Nous considérons certains aliments comme « réconfortants » (le chocolat par exemple).

Les aliments « réconfortants » sont ceux que notre mère ou notre grand-mère nous préparaient lorsque nous étions malades ou ceux que nous mangions lors de repas familiaux les jours de fête. Ces aliments qui ont tous une saveur « d’amour » sont différent d’une personne à l’autre, et nous rappellent des situations personnelles et uniques.


Il n’est pas grave de s’autoriser de temps en tempsde manger des aliments « réconfortants » lorsque l’on reconnaît la faim du cœur.

En revanche, il est important de comprendre que lorsque nous sommes envahis d’une émotion positive ou négative, nous avons plus besoin d’amour et de bienveillance que d’aliments nourrissants.


Si certains de mes patients lisent cet article, ils me reconnaîtront à travers cette phrase 😊

Remplir son estomac de nourriture ne pourra jamais vous aider à combler le vide et la douleur du cœur.

Vous ne pouvez pas compter sur l’alimentation pour vous aider à combler une douleur car il y a de fortes chances d’être envahi par un flot de culpabilité par la suite.

La faim du cœur est peut-être difficile à apprivoiser et nécessite souvent un travail sur ses émotions



La faim physiologique

La faim physiologique est ressentie après plusieurs heures ou plusieurs jours sans manger… C’est aussi la faim ressentie après une journée d’intenses efforts physiques (randonnée, séance sportive intense, marathon, etc…).

C’est la faim qui naît lorsque notre énergie et notre concentration sont basses à cause d’une baisse du taux de sucre sanguin ou par manque d’eau, de sel, de protéines, de fer, etc.

La faim physiologique peut être reconnue par divers symptômes : fébrilité, sensation de froid, gargouillis, nausées et vertiges.


A ce stade-ci, il est urgent de manger, car on ne se sent pas bien.


Dans notre société très peu de personnes connaissent la faim physiologique. Au contraire, nous mangeons souvent nos 3 repas par habitude ou par plaisir sans réellement nous soucier des réels besoins de notre corps.



En conclusion

Les trois types de faim qui nous posent le plus de problèmes sont donc : la faim du cœur, la faim mentale et la faim de la bouche.

Ce sont souvent elles qui nous poussent à manger plus qu’il ne le faut, quand nous n’arrivons pas à les reconnaître et à trouver la bonne façon de les satisfaire.

Au-delà d’un rééquilibrage alimentaire, un travail avec un diététicien peut vous aider à acquérir la capacité de reconnaitre les différents types de faim dès que le désir de manger se fait sentir.

Reconnaitre sa faim et apprendre à la gérer, c’est aussi une façon de prendre soin de soi, d’apprendre à mieux connaitre son corps et ainsi retrouver sa liberté de manger.


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